Résumé :

"Une vie sans amour vaut-elle la peine d'être vécue ?"

Linda a 31 ans et, aux yeux de tous, une vie parfaite : elle a un mari aimant, des enfants bien élevés, un métier gratifiant de journaliste et habite dans une magnifique propriété à Genève. Cependant, elle ne supporte plus de faire semblant d'être heureuse quand, en vérité, elle ne ressent rien d'autre qu'un sentiment grandissant d'apathie et d'indifférence.

Jusqu'au jour où elle retrouve un ancien petit ami. Jacob est un homme politique de premier plan et, lors d'une interview, il éveille en elle un sentiment oublié depuis longtemps : la passion. Elle fera tout pour conquérir cet amour impossible et devra aller au plus profond d'elle-même pour enfin trouver le bonheur.

"Aimer, c'est transformer l'esclavage en liberté"

 

Titre : Adultère

Pages : 314

Editions : Flammarion

Publication : 2014

Le livre est composé de 61 courts chapitres 

 

 

 

 

 

Un brin de culture :

 Genève : Plutôt que d'aller chercher des infos toutes faites sur Genève comme le nombre d'habitant, la superficie de la ville ou encore sa position géographique, je préfère laisser la parole à Paulo Coelho, habitant de Genève depuis 10 ans, qui a un ressenti assez parlant de l'atmosphère de cette ville suisse. L'extrait se trouve aux pages 20 et 21 de Adultère :

"Je laisse ma voiture dans un parking - "Prends le transport public jusqu'au centre ! Assez de pollution !"-, je prends l'autobus habituel et je vois les mêmes choses sur le chemin qui me conduit au travail. Genève ne semble avoir changer en rien depuis mon enfance : les vieilles maisons seigneuriales s'accrochent entre les immeubles construits par un maire fou qui découvrit la "nouvelle architecture" dans les années 1950. Chaque fois que je pars en voyage, cela me manque. Ce terrible mauvais goût, l'absence de grandes tours de verre et d'acier, l'absence de voies express, les racines des arbres crevant le béton des trottoirs et nous faisant trébucher à tout instant, les jardins publics avec leurs mystérieuses clôtures en bois dans lesquelles poussent toutes sortes d'herbes, parce que "la nature est ainsi"... Une ville différente de toutes les autres qui se sont modernisées et ont perdu leur charme. Ici nous disons encore "bonjour" quand nous croisons un inconnu en chemin et "au revoir" en sortant d'une boutique où nous avons acheté une bouteille d'eau minérale, même si nous n'avons nulle intention d'y retourner. Nous parlons encore avec des étrangers dans l'autobus, bien que le reste du monde imagine que les Suisses sont discrets et réservés. Quelle méprise ! Mais c'est bien qu'on pense cela de nous. Nous conserverons ainsi notre style de vie encore cinq ou six siècles, avant que les invasions barbares ne traversent les Alpes avec leurs merveilleux équipements électroniques, leurs appartements aux chambres petites et aux grands salons pour impressionner les invités, leurs femmes excessivement maquillées, leurs hommes qui parlent très fort et dérangent les voisins, et leurs adolescents qui s'habillent en rebelles mais redoutent ce que pensent leur père et mère. Laissez-les penser que nous ne produisons que du fromage, du chocolat, des vaches et des montres. Croire qu'il y a une banque à chaque coin de rue à Genève. Nous n'avons pas le moindre intérêt à changer cette vision. Nous sommes heureux sans les invasions barbares. Nous sommes armés jusqu'aux dents - le service militaire étant obligatoire, chaque Suisse possède un fusil chez lui -, mais on entend rarement dire qu'une personne a décidé de tirer sur une autre. Nous sommes heureux sans rien changer depuis des siècles. Nous sommes fiers d'être restés neutres quand l'Europe a envoyé ses fils dans des guerres insensées. Nous nous réjouissons de n'avoir à donner d'explications à personne sur l'apparence peu attirante de Genève, avec ses cafés de la fin du XIXe siècle et ses vieilles dames qui se promènent dans la ville."

 Mon avis :

Ce que j'aime chez Paulo Coelho, c'est sa plume si particulière, reconnaissable parmi des centaines. On ne lit pas ses ouvrages seulement pour se détendre, on ressort grandi après chaque lecture. Son style aux accents philosophiques aborde des thèmes variés souvent de manière spirituelle et une morale se dégage du récit comme une invitation à appréhender la vie du mieux possible. En cela, Paulo Coelho est plus qu'un écrivain, à mon sens il s'apparente plus à un guide spirituel. Dans Adultère, il traite les sujets du doute, des faiblesses, de la culpabilité, de l'amour, du sens de la vie. Son écriture est simple mais sa réflexion est grande.

L'histoire est narrée par la protagoniste, Linda, une jeune femme de 31 ans à la vie parfaite en apparence. On a l'impression de s'introduire dans le cerveau d'une trentenaire. C'est comme si nous lisions le journal intime d'une femme en proie aux doutes de l'existence. Nous découvrons ses pensées cachées car en apparence elle ne dévoile rien de ses angoisses et de ses sentiments enfouis. Elle est journaliste à Genève, a une vie bien rangée, un mari riche et attentionné, deux beaux enfants. Alors pourquoi tout remettre en question quand tout va bien au péril de tout bouleverser ? La tentation de renouveau et de liberté apparait quand elle croise un ex-petit ami du lycée. Un jeu de séduction entre péché et culpabilité s'installe entre eux. Ce livre est une plongée dans les tréfonds de l'âme humaine (féminine). La plume de Paulo Coelho est douce, délicate, parfois incisive et réaliste.

Outre l'intérêt psychologique de ce roman, j'ai apprécié les belles descriptions de Genève. J'aime lire des romans dont je connais le lieu de la trame. Il est plus facile de s'identifier et de visualiser l'action.  Quelles voies mènent au bonheur ? Ce livre est une réflexion sur la quête du bonheur et les moyens de l'atteindre, bien ficelée entre souvenir du passé et crainte de l'avenir. Paulo Coelho est l'auteur d'une expression, selon lui chaque individu doit accomplir son destin, guidé par ses envies profondes : la "légende personnelle".

 Un passage sélectionné pour vous :

"Je quitte l'arrêt de bus et je commence à retourner vers ma voiture. Je regarde les feuilles mortes sur le sol. Je pense qu'à Paris elles auraient déjà été ramassées. Mad9184b_fa508ee45eaf4be680a0d169d8b81d21~mv2is nous sommes à Genève, une ville beaucoup plus riche, et elles sont encore là. Un jour ces feuilles ont fait partie d'un arbre, qui maintenant s'est mis en veille et se prépare pour une saison de repos. L'arbre a-t-il par hasard de la considération pour ce manteau vert qui le couvrait, le nourrissait et lui permettait de respirer ? Non. A-t-il pensé aux insectes qui vivaient là et qui contribuaient à la pollinisation des fleurs, gardant la nature en vie ? Non. L'arbre ne pense qu'à lui : il se débarrasse de certaines choses, comme les feuilles et les insectes, quand c'est nécessaire. Je suis une de ces feuilles sur le sol de la ville, qui a toujours cru qu'elle serait éternelle et est morte sans savoir exactement pourquoi ; qui a aimé le soleil et la lune et vu très longtemps ces bus qui passent, ces tramways bruyants, et que personne n'a jamais eu la délicatesse de prévenir que l'hiver existait. Elles en ont profité au maximum, et puis un jour, elles ont jauni et l'arbre leur a dit adieu. Il n'a pas dit au revoir, mais adieu, sachant qu'elles ne reviendraient plus jamais. Il a demandé l'aide du vent pour les détacher de ses branches et les emporter bien loin. L'arbre sait qu'il ne pourra pas grandir que s'il parvient à se reposer. Et s'il grandit, il sera respecté. Et il pourra produire des fleurs encore plus belles." (p. 257-258)

 Quelques mots sur l'auteur :

 Il n'est plus nécessaire de prPAULO_COELHOésenter l'écrivain brésilien Paulo Coelho tant sa notoriété est grande. Né à Rio de Janeiro en 1947, il a commencé à écrire à l'âge de 35 ans et puise son inspiration dans son expérience de vie et dans ses voyages. Il a été lu par des millions de lecteurs dans le monde et c'est l'écrivain qui est le plus suivi et actif sur les réseaux sociaux. Son oeuvre a été publiée dans 168 pays et traduite en 80 langues. La plupart de ses oeuvres sont des best-sellers mondiaux notamment Le pèlerin de CompostelleAleph ou encore L'Alchimiste. Depuis 2002, il est membre de l'Académie des Lettres brésilienne. En 2007, il a été nommé Messager de la paix de l'ONU et a reçu de nombreux prix et distinctions.

 

 

 

Bibliographie :

L'Alchimiste, éd. Anne Carrière, 1994

Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j'ai pleuré, éd. Anne Carrière, 1995

Le Pèlerin de Compostelle, éd. Anne Carrière, 1996

La Cinquième Montagne, éd. Anne Carrière, 1998

Manuel du guerrier de la lumière, éd. Anne Carrière, 1998

Conversations avec Paulo Coelho, éd. Anne Carrière, 1999

Veronika décide de mourir, éd. Anne Carrière, 2000

Le Démon et Mademoiselle Prym, éd. Anne Carrière, 2001

Onze Minutes, éd. Anne Carrière, 2003

Maktub, éd. Anne Carrière, 2004

Le Zahir, Flammarion, 2005

Comme le fleuve qui coule, Flammarion, 2006

La Sorcière de Portobello, Flammarion, 2007

La Solitude du vainqueur, Flammarion, 2009

Brida, Flammarion, 2010

Aleph, Flammarion, 2011

Le Manuscrit retrouvé, Flammarion, 2013

Adultère, Flammarion, 2014